Madame La Ministre,
Je vous écris ce courriel en vue de vous décrire ma ranc½ur envers les représentants de la police nationale, par rapport à la situation concernant la disparition de Michel Tetaert. Comme vous le savez, depuis le 11 août dernier, cet adolescent a disparu sans laisser de trace, sans donner signe de vie. Mais que fait la police ? Que font les autorités compétentes sinon que se rejeter la balle et dire : « ce n'est pas à nous de nous en occuper » ? Mais alors, la vie d'un enfant n'est elle pas importante à leurs yeux ?
Si vous avez des enfants et des petits enfants, Madame la Ministre, ne remueriez-vous pas ciel et terre pour retrouver la « chair de votre chair » ?
D'une part, je traduis ici l'avis de dizaines de milliers de personnes au courant de cette terrible histoire. Un enfant s'enfuit du domicile, un grand-père et une grand-mère omniprésents dans les recherches s'investissent alors qu'ils habitent à plus de 800 kms de leur petit-fils, alors que ce devrait être le travail de la police d'effectuer des recherches ! Doit-on laisser une famille en plein désarroi et compter uniquement sur la solidarité HUMAINE ?
D'autre part, je suis profondément touchée, et chaque jour je visite leurs blogs pour voir si les choses avancent et je constate que c'est sans grand espoir, étant donné que rien ne peut avancer sans l'investissement des experts de la police. Nous ne pourrons jamais remplacer un chien au flair remarquable, un hélicoptère qui rechercherait au-dessus de nos têtes des indices, un bon plongeur pour rechercher des indices, ni des fonctionnaires expérimentés. La famille ne peut que subir la situation à mon grand regret. J'aimerais devenir tout cela dès demain pour agir efficacement, contrairement aux autorités.
Vous ne pouvez ignorer la situation familiale du petit et vous comprenez les raisons qui font que les grands-parents se battent seuls.
Auriez-vous l'esprit serein si un de vos petits-enfants avait disparu depuis 5 mois ? N'auriez-vous pas aussi ces larmes de désespoir qui mènent vers la dépression ? Auriez-vous le courage d'affronter une telle situation en constatant avec dégoût ce désintérêt général.
Alors j'aimerais vous parler, Madame la Ministre, des conséquences que peut engendrer un tel désintérêt. D'abord, comme vous savez, le grand-père se bat comme un forcené pour retrouver son petit-fils. Il a donc créé des blogs de solidarité pour augmenter les chances de retrouver Michel afin qu'il revienne parmi les siens. Mais il est tellement excédé qu'il envisage de déposer une plainte contre l'Etat à cause de la sous-estimation de la gravité de la situation. De plus, si les autorités s'y prennent trop tard et que, par le plus grand malheur, on retrouverait un corps sans vie (celui de Michel), n'y aurait il pas une grave faute collective quelque part ?
N'auriez-vous alors aucun remord ? Comme tous ceux qui minimisent la gravité de la situation, je pense notamment au commissariat de Bobigny chargé de l'affaire. Bref, je n'aimerais pas être à votre place ...
C'est une solidarité immense qui est portée par ces milliers de personnes envers la famille, mais les efforts de la justice et de la police sont comparativement très minces. Alors il est vraiment urgent de réagir avant qu'il ne soit trop tard ...
Je vous prie d'agréer, Madame La Ministre, mes salutations respectueuses.